Une main tendue vers le Pérou

Histoire de Vanessa

Ce témoignage (recueilli par Vicente Abán et Juan José Pérez en juillet 2009 et publié sous forme de documentaire) raconte l'histoire de Vanessa Del Pilar Alvarez, jeune fille de 14 ans originaire de La Tortuga.

Vanessa
La Tortuga

La Tortuga est une petite localité de pêcheurs artisanaux qui se trouve sur la côte Nord du Pérou. Sa population y vit depuis que le village a été fondé, il y a plus d'un siècle et demi. Oublié par le gouvernement national et oublié par le développement technologique, la situation d'abandon de La Tortuga est telle que, jusqu'à récemment, personne ne savail si elle appartenait à la province de Paita ou à celle de Sechura.

Village de La Tortuga
Cependant, depuis que les Etats-Unis ont découvert, il y a 13 ans, que ses terres étaient riches en gaz naturel, les deux provinces ont entamé une guerre bureaucratique pour obtenir sa propriété. Bien que riche en gaz, La Tortuga n'a toujours pas ni eau courante, ni tout à l'égoût, ni ramassage des ordures, et la communication avec les autres villages se fait par une piste en terre battue. Les familles du village ne tirent aucun bénéfice économique de l'exploitation du gaz réalisé par la société américaine Olympic.

« J'ai commencé à travailler dans ma maison depuis que j'ai 7 ans. J'ai commencé à aider ma mère et mon père en allant chercher du bois. Je partais vers 4h du matin et rentrait vers 11h en ramenant du bois pour préparer le déjeuner. Ensutie, je commençais à laver le linge de ma famillet et après, je faisais la cuisine. Chaque fois que je voulais sortir, mes parents me disaient non car il fallait que je m'occupe de la maison. »

La maison de Vanessa

Comme la majorité de celles qui existent dans le village, la maison de Vanessa est faite de terre et de ciment. L'absence d'eau courante nécessite de faire plusieurs voyages avec des sceaux jusqu'au réservoir le plus proche. Le ramassage du bois est aussi une tâche domestique. Elle ne peut être réalisée que par des femmes. C'est une tâche dure et fatigante qui nécessite d'être robuste physiquement. A cause de l'âge et du manque de temps, les femmes confient souvent le ramassage du bois à leurs filles.
Maison de Vanessa

Il faut parcourir plusieurs kilomètres de désert parsemé d'ordures pour arriver aux sapotillers, arbustes qui fournissent le bois. Le bois est transporté sur la tête, donc le cou supporte particulièrement le poids de la charge.

« Quand je ne trouvais pas de bois à ramasser, j'allais voir le charpentier pour qu'il me donne des chutes. Quand mes amies me proposaient d'aller avec elles à Lima, je répondais non parce que mon père ne voulait pas. Alors elles me demandaient pourquoi est-ce que c'était toujours moi qui faisais tout... Et moi, je pensais "Oui, pourquoi c'est toujours moi qui fais tout...?" »

Le pêcheur et sa barque

Pêcheur traditionnel
Si les tâches domestiques sont réservées aux femmes, les hommes sont les seuls à pouvoir aller pêcher. A La Tortuga comme sur toutes les côtes du Pérou, les femmes ne peuvent pas aller en mer parce que, d'après la tradition populaire, cela porte malheur. Presque tous les hommes de La Tortuga sont des pêcheurs. Ils travaillent pour nourrir leur famille. Très peu se consacrent au commerce de machandises. Les familles mangent chaque jour ce que les pères et leurs fils rapportent de la pêche.

Les pêcheurs se lèvent très tôt, descendent sur la plage et s'en vont pêcher avec leurs modestes barques faites de bois attaché avec des cordages. Les pêcheurs utilisent les méthodes de pêche artisanale : la pêche se fait avec des hameçons ou des filets et dépend de la richesse de la mer ainsi que de l'habileté des pêcheurs. Ils sont concurrencés par d'énormes bâteaux venus de pays lointains qui arrivent au large de La Tortuga pour y puiser les richesses sous-marines de cet mer poissonneuse.

« Quelque fois, on m'emmenait au bord de la mer et j'aidais à pêcher, à pousser les bateaux jusqu'à la mer, à ramener le poisson et à le vendre. Tant que je n'avais pas fini de le vendre, je ne rentrais pas chez moi. Ensuite, j'aidais ma famille. »


La famille

« Mon père n'arrêtait pas de me dire "Fais ceci, fais cela", et moi, j'étais fatiguée. Quelque fois, mon père rentrait furieux et nous battait, et là, je ne voulais plus l'aider.

J'ai parlé à une dame qui m'a proposé de m'enseigner des choses et en contre partie, je devais travailler chez elle. Elle ne m'a rien appris, j'ai travaillé pendant une semaine chez elle car elle ne m'a pas payée. Après, j'ai demandé à mon père de m'envoyer à Paita pour étudier mais mon père n'a pas voulu car il a dit que c'était moi qui aidait le plus à la maison. Je n'ai jamais pu terminer mes études car mon père ne voulait pas.
»
Vanessa, sa mère et 6 de ses 7 frères et soeurs

Aujourd'hui

Vanessa à Manitos

Depuis mars 2009, Vanessa étudie à Manitos où elle apprend la confection de vêtements. Elle a également pu reprendre ses études et devrait ainsi pouvoir terminer le lycée. Une bourse octroyée par "Une main tendue vers le Pérou" lui permet de rentrer régulièrement à La Tortuga pour voir sa famille.

Depuis qu'elle étudie à Piura, un nouvel horizon de possibilités s'est ouvert pour Vanessa. Elle peut rmaintenant rêver d'un futur meilleur.

 

 

 

 

 




 
 
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